Les hommes et les femmes qui ont fait l'ACJB

Au début des années soixante, un groupe de copains, salariés de la société Bertin et Cie, souhaitent s’adonner au vol à voile. Jean-Pierre De Loof, membre du CAPI (Cercle Aéronautique Pierre Issy), pratique ce sport à Chartres. Il emmène donc ses amis Jean-Claude Croc, Jean Noan, Jean-Pierre Richard et les autres voler … à Chartres !

Dès 1965, ce petit groupe contribue au développement du CAPI en finançant l’achat d’un Wassmer WA30 « Bijave » neuf, le F-CCZI. La part financée par le club provient du premier bal organisé aux Gâtines à Plaisir et le reste provient d’une prime d’état. L’année suivante un second bal permet de financer partiellement un WA22 « Super Javelot », le F-CCIZ.

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Wassmer WA30 "Bijave"
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Wassmer Wa22 "Super-Javelot"

Mais la majorité des pilotes souhaitent également pratiquer le vol à moteur. Le CAPI possède deux Jodel D112, mais manque d’instructeurs.

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Jodel D112

Vient alors l’idée de créer l’Aéroclub Jean Bertin en demandant l’aide du CE de Bertin et Cie. L’aérodrome de Chavenay étant proche, la section vélivole se sépare du CAPI qui devient une section au sein du CIC (Centre Interclub de Chavenay). L’activité mixte, vélivole et vol à moteur débute en 1967, la déclaration en préfecture de l’Aéroclub Jean Bertin a lieu le 18/02/1967.

Un premier avion, le Piper PA19 « F-BOUX », est acheté dans un lot à vendre aux Mureaux. André Simon, alors instructeur, se partage entre Persant-Beaumont et l’Aéroclub Jean Bertin. Mais ce Piper n’a pas d’abri, les clubs de Chavenay ne souhaitant pas offrir l’hospitalité. Une solution est trouvée à Toussus-le-Noble dans un hangar commun, puis à Saint-Cyr-l’Ecole dans le hangar de l’Aéroclub Maurice Ripoche.

C’est dans les années 70 que l’Aéroclub Jean Bertin s’installe à Chavenay dans le hangar monté par Bertin et Cie pour les essais du planeur Siren-Bertin C34 « Edelweiss IV » et ce avec l’aide de Jean Cayla et de Jean-Pierre De Loof.

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Siren-Bertin C34 "Edelweiss IV"

En 1973, l’équipe dirigeante est composée de Jean-Pierre De Loof (Président), Jean-Claude Croc (Trésorier), Madame Baudu (Secrétaire générale) et Jean Noan (Administrateur). En 1974, Jean-Pierre De Loof démissionne de la présidence pour raisons personnelles. Jean-Claude Croc lui succède aux mêmes fonctions. Au début des années 80, le bureau directeur se compose de Jean-Claude Croc (Président), Georges Pied (Trésorier), Betty Pied (Secrétaire générale).

La flotte comprend alors cinq avions. Le nombre des heures de vol avoisine les deux mille par an. L’achat de ces avions est financé en partie par des emprunts mais également par des subventions des comités d’entreprise Bertin et Cie, CII et SGN. Jean-Claude Croc dirige le club avec brio jusqu’en septembre 1993 ou il décède brutalement lors d’un meeting aérien, non pas d’un accident, mais paisiblement dans son lit d’hôtel retenu pour l’occasion.

Le décès de Jean-Claude amène le conseil d’administration à élire un nouveau président. Daniel Ermisse, ancien de l’Aérotrain (pilote d’essai), est sollicité pour assurer ce poste. Il accepte à la seule condition de ne pas cumuler la présidence de l’Aéroclub Bertin et celle du GEPAS (construction amateur), dont Jean-Claude était également président. De son côté, Jean Noan prend la présidence du GEPAS.

C’est une autre aventure qui commence pour Daniel Ermisse, après celle de l’Aérotrain qui lui avait fait connaitre le monde de l’aviation. Daniel forme alors un nouveau bureau directeur composé de Thierry Wartel (Trésorier) et de Lucien Balzano (Secrétaire général), tous deux collaborateurs chez Bertin et Cie. Ce bureau restreint va s’avérer très efficace. Daniel propose au conseil d’administration, par demandes successives, de doubler la surface du hangar, de doubler la flotte et d’accepter de nouveaux adhérents extérieurs alors que les sections Bertin, CII et SGN étaient jusqu’à présent privilégiées.

L’Aéroclub Jean Bertin prend alors un essor formidable. Il est désormais considéré comme un grand club de la région parisienne. Notre chef pilote André Simon dirige une équipe d’instructeurs bénévoles, dévoués à la formation de leurs élèves pilotes. Daniel prend sa retraite de la société Bertin (devenue Bertin Technologies) en 2005 et peut ainsi se consacrer entièrement au club. Jean-Pierre Faubladier remplace Thierry Wartel au poste de trésorier, ce dernier ne disposant plus du temps nécessaire pour raisons professionnelles. Dans le même temps, André Simon laisse sa place de chef pilote à Stéphane Dubost.

En 2009, le club est malheureusement endeuillé par le décès de notre ami Lucien Balzano. Daniel en est personnellement très affecté car Lucien était son confident et son allié dans les événements ou les décisions sont parfois très difficiles à prendre. A l’apogée du club en nombre d’heures de vol (4300 h) et en nombre d’adhérents (300), Daniel décide de repartir dans sa  Normandie natale (Cotentin). Le flambeau est repris par David Gobert jusqu’à fin 2013 et ensuite par Yves Gondre en 2014. Mais ce dernier n’a finalement pas la disponibilité nécessaire pour assumer la fonction de manière pérenne. Sollicité par le Bureau Directeur, Daniel Ermisse accepte de reprendre la présidence du club, et ce malgré son éloignement géographique. Ce dernier peut toujours compter sur le soutien des bénévoles et du Conseil d’Administration. Les principales fonctions du Bureau Directeur sont alors assurées par : Daniel Ermisse (Président), Luc Lotteau (Vice-président), Georges Pied (Secrétaire général) et Jean-Pierre Faubladier (Trésorier).

La toute première action de Daniel, dans son nouveau mandat, a consisté à déléguer la gestion de la navigabilité à une entreprise professionnelle, ce qui, couplé avec une planification rigoureuse des opérations de maintenance, permet depuis à nos pilotes de compter sur une disponibilité optimisée de nos avions, et avec la garantie d’être toujours « dans les clous » vis à vis d’une réglementation complexe en perpétuelle évolution.
Depuis 2014, les actions principales visent à moderniser le club et à y développer la vie associative, afin de perpétuer le succès de notre grand aéroclub francilien !

Et puis, en novembre 2019, vive émotion et immense tristesse suite au décès brutal de Stéphane Dubost, notre chef pilote, grand animateur du club au quotidien. Celui-ci à fait un malaise fatal au volant de sa voiture en rentrant chez lui après une journée d’instruction en vol… Depuis son arrivée au club, Stéphane avait formé avec brio plus de la moitié de nos brevetés. C’est maintenant Jean-Paul Mathien qui assure la fonction de chef-pilote.

En 2020, avec l’arrivée à la retraite professionnelle de plusieurs administrateurs, disponibles pour s’impliquer d’avantage dans la vie et le fonctionnement de l’aéroclub, Daniel a souhaité passer le flambeau. La présidence est maintenant assurée par Gabriel Marquette, entouré de Sylvain Pastor et Luc Lotteau (Vice-présidents), de Didier Coquelet (Trésorier) et de Thomas Levecque (Secrétaire général). La principale tâche va être de continuer à animer notre club dans un contexte général plutôt tendu : tassement d’activité de l’aviation légère, confinements successifs liés au COVID-19, lutte contre le bruit et la pollution …

A fin 2020, la flotte de l’ACJB se compose de 11 appareils :

    • 9 avions
      • 6 Robin DR-400 (de 108 à 160 ch)
      • 1 Tecnam P2002-JF
      • 2 Piper PA19
    • 2 ULM
      • 1 Alpi Aviation Pioneer 200
      • 1 Best Off Nynja

Les avions qui ont fait l'aéroclub

Un aéroclub n’est pas uniquement une histoire de femmes et d’hommes, mais aussi une histoire de machines volantes. Les avions ont leur vie propre, qui ne relève pas toujours du long fleuve tranquille ! Quelques avions ont ainsi laissé une empreinte particulière à l’aéroclub :

Le Morane-Saulnier MS-500 Criquet « F-BARP », fabrication française du bien connu Fieseler Storch allemand, fait partie de notre flotte dans les années 70-80. Mais il s’avère trop coûteux en carburant et en entretien. Il est finalement vendu à un particulier.

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Morane-Saulnier MS500

Au début des années 2000, le Piper PA19 « F-BOUF » subit un atterrissage « exotique » dans un verger à proximité du terrain de Chavenay. S’il n’y a pas de blessé à déplorer, l’avion présente de très sérieux dommages, dont un fuselage tordu. Une équipe se constitue au sein du club, la PAF (Piper Air Force), pour entreprendre la restauration de l’avion. Plusieurs années sont nécessaires mais la lueur finit par arriver au bout du tunnel : le BOUF revole à nouveau en 2010, pour le plus grand plaisir des aficionados du PA19.

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Piper PA19

Une autre belle pièce de collection fait les beaux jours du club dans les années 1990-2000, à savoir le Morane-Saulnier MS317 « F-BGUZ ». C’est un avion à cabine torpédo (tête à l’air, juste protégée par un pare-brise) qui permet aux pilotes lâchés sur cet appreil de goûter aux joies du pilotage à l’ancienne. Le voir évoluer reste toujours un événement au club. Cet avion a été entièrement restauré par une équipe de bénévoles du club à la fin des années 1990. Malheureusement, en 2010, un décrochage à faible hauteur lors d’une remise des gaz brise l’appareil au sol. Pas de blessé non plus, mais un avion à l’état d’épave. Il reste remisé au club pendant quelques années, en l’attente d’une conjoncture favorable pour entreprendre sa reconstruction. Finalement, début 2014, le bureau directeur décide de le revendre en l’état à une association spécialisée dans la restauration d’avions anciens, en étant confiant que cet avion mythique revolera un jour.

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Morane-Saulnier MS317

Finalement, beaucoup d’avions sont passés par l’aéroclub en laissant une empreinte plus ou moins forte. Citons en quelques-uns : le Piper J3 « F-BDTB », le DR220 « F-BNVZ », le DR221 « F-BPKB », le DR253 « F-BRZP », notre premier 2+2 tricycle « F-BXVN », le DR400 Régent « F-GBAE » et plus récemment le DR400-180 Régent « F-GFVZ ».

Les avions qui ont fait l'école

Concernant l’école, elle a été confiée initialement aux avions à train classique type Piper J3 ou PA19. Au début des années 1980, le club a décidé de faire évoluer l’école sur avion à train tricycle, plus facile à prendre en main. A cet effet, deux cessna F150, le « F-BSIX » et le F-BRXQ » ont été achetés au Cessna Pilot Center (Toussus-le-Noble), en cessation d’activité. Au début des années 2000, le « F-BRXQ » a été remplacé par un autre F150, le « F-BVSV ». Ces robustes Cessna ont vaillamment et durablement assuré leur mission d’avion école. Le club a néanmoins décidé de s’en séparer en 2014 du fait de lourds travaux anticorrosion à mener, préférant transférer l’activité école sur nos Robin DR400-108 et 120. Beaucoup de nos pilotes gardent un souvenir ému de ces Cessna, en particulier lorsqu’ils ont été lâchés dessus lors de leur tout premier vol solo …

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Cessna F150 LR
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Cessna F150

Pour conclure : le mot de Daniel Ermisse, président d'honneur de l'ACJB

A l’intention des dirigeants actuels et futurs, gardons en mémoire l’exemple de Jean BERTIN. Cet homme d’exception n’a jamais baissé les bras et a toujours su motiver ses équipes, j’en ai été le témoin.

Vive l’Aéroclub Jean Bertin, et un grand merci à ses créateurs !

Rédacteurs : Daniel Ermisse et Luc Lotteau